Une statistique sans détour : près de 5% des adultes souffrent d’une carence en vitamine B12, souvent sans le savoir. Ce chiffre, bien réel, secoue le confort des certitudes alimentaires et rappelle que derrière certains symptômes diffus se cache parfois ce déficit discret. Ce n’est pas une lubie de nutritionnistes : la B12, pourtant discrète dans les conversations, s’avère indispensable à l’équilibre de notre organisme. Voici pourquoi elle vient à manquer, et quelles en sont les conséquences.
Les principales causes du manque de vitamine B12
Ce déficit ne frappe jamais au hasard. Plusieurs éléments, parfois sous-estimés, peuvent expliquer ce manque.
Une alimentation déséquilibrée
Ce que l’on choisit dans son assiette a un impact direct. La vitamine B12 se retrouve principalement dans les produits issus des animaux : viande, poisson, œufs, produits laitiers. Exclure ces aliments, comme c’est le cas dans un régime végétarien ou végétalien, augmente le risque de carence. Les alternatives végétales n’apportent généralement pas cette vitamine, sauf si elles ont été spécifiquement enrichies. Un changement alimentaire soudain, sans accompagnement, peut alors faire chuter le taux de B12 sans que la personne ne s’en rende compte.
Les troubles digestifs
Parfois, ce n’est pas l’alimentation qui fait défaut, mais la capacité du corps à absorber la vitamine. Certaines maladies, comme la maladie cœliaque, la maladie de Crohn ou la gastrite atrophique, nuisent à l’absorption intestinale de la B12. Pour ceux qui vivent avec ce type d’affection, il est nécessaire de rester attentif : une alimentation adaptée ne garantit pas toujours un apport suffisant.
Les médicaments
Un point souvent passé sous silence : certains traitements nuisent à l’absorption de la vitamine B12. Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou les antagonistes des récepteurs H2, prescrits pour les troubles digestifs, réduisent l’acidité de l’estomac et freinent l’assimilation de la B12. Ce détail, rarement abordé lors des consultations, mérite pourtant d’attirer l’attention, surtout quand le traitement s’installe dans la durée.
Les conséquences d’une carence en vitamine B12
Les répercussions d’un déficit en vitamine B12 dépassent largement la simple impression de fatigue. On retrouve notamment les complications suivantes :
- Troubles neurologiques : La B12 intervient dans la formation de la gaine de myéline, cette enveloppe qui protège les nerfs. En cas de manque, la communication nerveuse se dérègle. Fourmillements, pertes de mémoire, humeur en berne : des signes trop souvent mis sur le compte du stress ou de l’âge, alors qu’une analyse sanguine suffit parfois à en révéler l’origine.
- Anémie : Sans apport suffisant, la fabrication des globules rouges se grippe. Il en résulte une anémie mégaloblastique, caractérisée par des cellules sanguines trop volumineuses et inefficaces. Fatigue qui s’installe, essoufflement, palpitations : autant de signaux à prendre au sérieux, en particulier si l’on fait partie des personnes à risque.
Comment prévenir et combler un manque de vitamine B12 ?
Différentes mesures concrètes permettent d’éviter ou de corriger une carence en vitamine B12 :
- Adapter son alimentation : Intégrer régulièrement dans ses repas des aliments riches en B12 reste la meilleure option pour celles et ceux qui consomment des produits animaux. Les régimes végétariens ou végétaliens peuvent s’appuyer sur certains produits enrichis : céréales, boissons végétales, levures nutritionnelles. Lire les étiquettes devient alors un réflexe salutaire.
- Recourir aux compléments alimentaires : Si l’alimentation ne suffit pas, les compléments prennent le relais. On les trouve sous forme de comprimés, d’injections ou de sprays, pratiques pour adapter rapidement le taux de B12. Avant de se lancer, il reste préférable de prendre l’avis d’un professionnel de santé pour choisir la forme et la dose les mieux adaptées à son propre contexte.
Ignorer le signal d’alerte d’une carence en vitamine B12, c’est avancer dans l’inconnu, les yeux mi-clos. Prendre soin de son apport, c’est accorder à son corps la vigilance qu’il réclame, pour que chaque jour ne devienne pas une course ralentie. La santé tient parfois à une molécule près : mieux vaut ne pas laisser la B12 s’éclipser sans bruit.


